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By Malika Hamza
Larrivée est prometteuse de plaisirs futurs. Laccueil est professionnel, les convives sont connus et il nest nul besoin daller consulter un registre des réservations. Nous avons pris lapéritif au salon, ce qui est une façon fort agréable de sinstaller dans les lieux. Nous avons opté pour un vin blanc muscat et un porto rouge tous deux parfumés, pleins et généreusement servis. La mise en bouche est elle aussi généreuse et prometteuse : les mini gougères étaient parfaites, de même que la cuillère de saumon, mousse daneth et chips alliant suavité, parfum et croustillant. Nous avons choisis notre menu : le « Brugge Die Scone » et sommes passés à table. La décoration des salles, mélange de style ancien cossu et dart moderne est en concordance avec limage du restaurant : cuisine gastronomique inventive.
Notre première déception a été le sommelier. Nous lui avons demandé si le menu pouvait être servi avec une sélection de vins en parfait accord et il nous a répondu par la négative, sans donner aucune explication. Ce refus nous a étonné dans le mesure où quatre des six plats du menu « Brugges Die Scone » sont identiques au menu « dhiver » qui est lui, servi avec un accord de vins. Nous avons donc demandé au sommelier de nous recommander les vins saccordant le mieux au menu. Il nous a donné une liste de vins blancs et rouges sans senquérir de nos goûts en matière de type de vin ou de cépage, ni être capable dapporter des commentaires et dexpliquer en quoi les parfums des vins quil nous recommandait pouvaient saccorder aux saveurs des mets du menu. Assez déconcertés par ce manque denthousiasme ou de connaissance, nous avons cependant choisis lun des vins recommandés, ce qui sest avéré être un mauvais choix, le vin nayant malheureusement pas bien vieilli. Nous avons choisi une autre bouteille, parmi nos crus favoris.
Permettez-moi maintenant commenter chacun des plats quil nous a été donné de goûter :
Noix de Saint-Jacques marinées à la crème de céleri, tomates confites, jambon et Vieux parmesan : laccord entre ces différentes produits, saveurs et textures est équilibré : suavité de la mousse de céleri, croquant du jambon et du vieux parmesan, délicatesse et fraîcheur des noix de St Jacques. Léquilibre terre mer est réussi. Dans mon assiette, point de tomates confites. Oubli sans doute. Par ailleurs, le dosage entre les différents produits ne permet pas de conserver cet accord entre les saveurs et textures tout au long de la dégustation: la portion de saint jacques et de mousse de céleri est par trop généreuse en regard de celle du jambon et du parmesan. A mi-chemin, ne restaient que les st jacques et la mousse de céleri, rompant dramatiquement léquilibre.
Pavé de bar de ligne rôti à la plancha, moelleux et croquant de chou-fleur, béarnaise légère à la chaire de langoustine : léquilibre terre mer est ici plus périlleux et à mon sens, mois réussi. Côté mer, le poisson était savoureux et moelleux. A ses côtés, une béarnaise à la chaire de langoustine où la saveur de lestragon prédominait. Impossible de deviner la présence de la langoustine. Côté terre, le croustillant de choux-fleur, prometteur à la lecture de la carte sest avéré être de fines lamelles de bouquets de choux-fleur, non blanchis à en croire lamertume qui sen dégageait en bouche. Les saveurs aériennes du poisson et de la béarnaise se trouvent perturbées par la forte présence du choux-fleur.
Deux petits plats ayant pour thème la truffe noire de Tricastin : le premier, une roulade domelette au brocoli et mozzarella servie avec une lamelle de truffe sautée au beurre et des noisettes grillées et hachées était parfait ; du niveau de ce que je mattendais à savourer tout au long du menu. Perfection de la présentation, équilibre des saveurs, équilibre du dosage entre les différents produits qui permet une expérience en bouche cohérente de la première à la dernière bouchée, bonheur dun goût qui évolue tout en douceur en bouche, opposition en la suavité de lomelette et le croquant de la truffe et des noisettes. Lautre plat, une crème de pomme de terre aux champignons servis avec des ufs de caille mollés et un toast au foi doie couronné dune lamelle de truffe était beaucoup moins réussi. La lourdeur de la pomme de terre prédominait, donnant une crème farineuse, peu intéressante et aux saveurs étrangement plus fortes que les champignons et la truffe réunis. Cette lamelle de truffe avait en effet très peu de goût et de parfum. Le pain du toast détrempé par le liquide ajoutait encore à la lourdeur. Lensemble donnant un plat compliqué, écurant et sans grand intérêt en dépit des produits choisis.
Agneau de lait des Pyrénées rôti à lail fumé, riz Basmati à lOrientale, accompagné dun curry dagneau aux fruits secs : le plat principal était de loin le plus déséquilibré de tous. Lagneau de lait, dexcellente qualité, cuit à la perfection aurait mérité de meilleurs compagnons dassiette. Ce plat évoquait la Provence (gousse dail cuite dans sa peau, agneau de lait, artichaut), la Chine (pousses de soja), lAfrique du Nord (merguez), le Moyen-Orient (agneau et fruits secs) et lInde (curry, riz basmati). Chaque bouchée était un monde en soi, lensemble manquant dramatiquement dharmonie. La composition du riz Basmati à lorientale ne permettait pas de retrouver la saveur toute particulière de ce riz, lensemble étant monopolisé par le goût intense et perturbant dune julienne de poireau trop peu cuite, et encore une fois, non blanchie. La composition autour du curry était peu intéressante : curry trop peu complexe rappelant la poudre curry commerciale, absence de fruits secs, mélange de légumes détaillés de façon différentes, voire entiers, minuscules dés dagneau trop cuits. Au milieu de cet ensemble hétéroclite, un malheureux artichaut poivrade, cuit à leau, un morceau de merguez industrielle, sans cumin et sans intérêt et une gousse dail cuite dans sa peau,aux saveurs passées.
Le chariot de fromages fermiers, leur petit pain aux raisins : parfait, rien à redire.
Les douceurs autour de fruits et chocolats : très belle composition pour les desserts. Peu de saveurs de fruits, envahis par les produits ou épices environnants.
- Excellent chaud-froid composé dune mini quenelle de glace à la vanille et dun ravioli caramélisé fourré à la crème pâtissière.
- Ile flottante surmonté dune salade de fruit et dune mini quenelle de sorbet au citron vert et à lalcool (Bols ?). Le parfum et le goût dalcool dominait cet ensemble à tel point quil était impossible de reconnaître les saveurs et parfums des fruits de la salade, ni de lîle flottante.
- Poire pochée aux vin rouge et épices surmontée dun sabayon. Peu de subtilité dans cet ensemble extrêmement agressif tant pour la sabayon, où lalcool était trop présent, que pour les poires pochées envahies par la cannelle et le gingembre.
- Biscuit croustillant au chocolat, surmonté dune mousse au chocolat noir et dune mini tablette de chocolat au lait, servi avec une crème anglaise et une gelée couleur caramel. Intérêt du biscuit croustillant et de la mousse au chocolat. Contraste intéressant avec la gelée. La tablette au chocolat surmontant le tout nétait pas nécessaire et lensemble était somme toute, fort lourd.
Mignardises : multitude de mignardises banales parmi lesquelles des cannelés brûlés et/ou desséchés, des macarons roses, caoutchouteux à la saveur unique damande, des tartelettes au citron meringué sans croustillant.
En regard de ces commentaires, loin de la perfection gastronomique prônée, jai trouvé le montant de laddition déplacé et injustifié.
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